LE LIVRE DU RIRE ET DE L’OUBLI DE MILAN KUNDERA – 1978

Musique

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classique, jazz

RÉSUMÉ : « Tout ce livre est un roman en forme de variations. Les différentes parties se suivent comme les différentes étapes d’un voyage qui conduit à l’intérieur d’un thème, à l’intérieur d’une pensée, à l’intérieur d’une seule et unique situation dont la compréhension se perd pour moi dans l’immensité.
« C’est un roman sur Tamina et, à l’instant où Tamina sort de la scène, c’est un roman pour Tamina. Elle est le principal personnage et le principal auditeur et toutes les autres histoires sont une variation sur sa propre histoire et se rejoignent dans sa vie comme dans un miroir.
« 
C’est un roman sur le rire et sur l’oubli, sur l’oubli et sur Prague, sur Prague et sur les anges. »

Pour les citations de l’oeuvre c’est ICI.

« Je le souligne : l’idylle et pour tous, car tous les humains aspirent depuis toujours à l’idylle, à ce jardin où chantent les rossignols, à ce royaume de l’harmonie, où le monde ne se dresse pas en étranger contre l’homme et l’homme contre les autres hommes, mais où le monde et tous les hommes sont au contraire pétris dans une seule et même matière. Là-bas, chacun est une note d’une sublime fugue de Bach, et celui qui ne veut pas en être une reste un point noir inutile et privé de sens qu’il suffit de saisir et d’écraser sous l’ongle comme une puce. »

« les gardiens de l’idylle se voyaient contraints de démonter les microphones des appartements privés, les frontières étaient ouvertes, et les notes s’enfuyaient de la grande partition de Bach pour chanter chacune à sa façon. C’était une incroyable gaieté, c’était le carnaval ! »

JEAN-SÉBASTIEN BACH

The art of fugue

« Oui, il y avait un pick-up, mais l’ami de Karel n’aimait pas la musique classique, Bach, Vivaldi et les opéras de Wagner. Karel aurait trouvé singulier que la jeune femme se déshabillât au chant d’Isold. Eva aussi était mécontente des disques. « Il n’y a pas de pop ici ? » Non, il n’y avait pas de pop. (…) La céleste musique de Bach emplissait la pièce et Eva continuait à se mouvoir. »

VIVALDI

La Follia

WAGNER

Der Ring des Nibelungen

« La soirée est sauvée. Markéta prend solennellement une bouteille et la tend à Karel pour qu’il la débouche d’un geste grandiose, pareil au starter des jeux Olympiques inaugurant la dernière course. Le vin coule dans les trois verres et Eva, la démarche chaloupée, se dirige vers le pick-up, choisit un disque puis, au son de la musique (pas du Bach cette fois-ci, mais un Duke Ellington), continue de tourner à travers la pièce. »

DUKE ELLINGTON

Take The A Train

‘Tout au long des dix années qu’a duré sa maladie, papa écrivait un gros livre sur les sonates de Beethoven. Il écrivait sans doute un peu mieux qu’il ne parlait, mais même en écrivant il avait de plus en plus de mal à trouver ses mots, et son texte devenait incompréhensible parce qu’il se composait de mots qui n’existent pas. (…) Un jour il m’a appelé dans sa chambre. Il avait ouvert sur le piano les variations de la sonate opus 111. (…) Évidemment, je sais de quoi il voulait parler, parce qu’il se posait cette question depuis longtemps. Les variations étaient la forme favorite de Beethoven vers la fin de sa vie. On pourrait croire, de prime abord, que c’est la forme la plus superficielle, un simple étalage de technique musicale, un travail qui convient mieux à une dentellière qu’à Beethoven. Et Beethoven (pour la première fois dans l’histoire de la musique) en a fait une forme souveraine, il y a inscrit ses plus belles méditations. »

« Et ce sont justement ces remords qui m’ont fait brusquement comprendre ce qu’il voulait sans doute me dire devant la partition ouverte de la sonate opus 111. »

« Dans les variations, Beethoven a donc découvert un autre espace à explorer. Ses variations sont une nouvelle invitation au voyage. (…) La matière des variations est un thème qui n’a souvent pas plus de seize mesures. Beethoven va au-dedans de ces seize mesure comme s’il descendait dans un puits à l’intérieur de la terre. (…) À chaque variation Beethoven s’éloigne de plus en plus du thème initial qui ne ressemble pas plus à la dernière variation que la fleur à son image sous le microscope. »

« Il n’est pas surprenant qu’à l’âge de sa maturité les variations soient devenues la forme préférée de Beethoven  qui savait fort bien (comme le sait Tamina et comme je le sais) qu’il n’est rien de plus intolérable que de manquer l’être que nous avons aimé, ces seize mesures et l’univers intérieur de leurs possibilités infinies. »

BEETHOVEN

5ème symphonie 

Sonate opus 111

« Ils portent un fichu rouge autour du cou, vont à des réunions comme les adultes et chantent quelquefois L’Internationale. » 

L’INTERNATIONALE

« Schönberg est mort, Ellington est mort, mais la guitare est éternelle »

SCHÖNBERG

« En 1972, quand Karel Gott, chanteur tchèque de musique pop, partit à l’étranger, Husak eut peur. Il lui écrivit aussitôt à Francfort (c’était en août 1972) une lettre personnelle, dont je cite un passage littéralement sans rien inventer : Cher Karel, nous ne vous en voulons pas. Revenez, je vous en prie, pour vous nous ferons tout ce que vous souhaiterez. Nous vous aiderons, vous nous aiderez… (…) Parce que Karel Gott représentait la musique sans mémoire, cette musique où sont à jamais ensevelis les os de Beethoven et d’Ellington, les cendres de Palestrina et de Schönberg. »

KAREL GOTT

Einmal Um Die Ganze Welt

PALESTRINA

Canticum, canticorum

 

Chloé Janiaud

 

 

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