Un léger passage à vide de Nicolas Rey

Citations

« Enfin une fille qui va m’aimer toute sa vie et je pourrai continuer à faire n’importe quoi. » En parlant de son enfant, ce sera un garçon finalement.

« Les ancêtres ont ce point commun avec les chiards en maternelle.
Comme ils n’ont rien à perdre, ils disent toujours la vérité. »

« Jeunes parents, cessez de nous refiler vos morveux de trois ans au téléphone, ils bavent dans le combiné, ils sont incapables d’évoquer la perte du chic de vivre avec humour. »

« Sucer un homme est une chose propre, Nicolas. Une chose que tout producteur pratique. Une chose que l’on fait et dont on ne parle plus. Mais un sexe de femme, c’est le Bronx, c’est au-dessus de mes forces, tu comprends ? »

« Il a envie de virer d’un coup de manche les âneries qui traînent sur ton bureau et de se faire un rail direct et aussi large qu’une piste à Roissy-Charles-de-Gaulle. »

« Le whisky, c’est de la lumière dans le corps. Oui, Monsieur. »

« Il repense aux jambes des filles parce que le monde est une jupe qu’il désire relever. »

« Parfois, la lâcheté demande infiniment de courage. L’homme sort de la maison. Est-ce qu’il va se retourner ? Est-ce qu’il va jeter un dernier oeil sur sa famille ? »

« L’enfer est peuplé de sublimes sensations. »

« Voici, pour toi, mon frère, qui passes tes week-ends à envoyer des textos, planqué dans la salle de bains, un seul conseil. Il tient en une phrase :
« Évite le taxi de sept heures du matin. »
Retourne à la maison vers les cinq heures. À cinq heures, tout est encore possible. À cinqu heures, ça roule bien dans Paris, le chauffeur est branché sur FIP ou Radio Classique, il termine sa nuit, doucement, il discute un peu, juste ce qu’il faut. Rentre dans l’appartement sans faire de bruit, cale-toi direct contre ta femme qui fait bien semblant de dormir et murmure-lui ces quelques mots :
« Pardon, mon amour, d’être rentré si tard mais j’étais avec mon éditrice, tu sais à quel point cette fille est folle et ne cesse de parler tout le temps. Alors, un verre en a entraîné un autre. Et un dernier verre a entraîné un autre dernier verre et encore un dernier verre et je n’ai pas vu le temps passer, bonne nuit, mon ange. »
À six heures du matin, c’est déjà franchement limite. Le chauffeur du taxi n’est plus le même. Il vient de déposer un mec qui prenait son avion à Roissy. Il est branché sur France Info. C’est une nouvelle journée qui commence. Impossible d’aller direct dans la cuisine puisque ta femme t’attend dans le salon. Dans ce cas, la meilleure défense c’est l’attaque : « Tu crois que ça m’amuse, peut-être, de me taper les corrections avec cette malade d’éditrice. Si tu la voyais, pinailler sur chaque virgule. Je vais retourner chez Grasset si ça continue ! C’est bien la peine de se la jouer indépendante si c’est pour faire chier le monde. Pour le reste, je te rappelle que ça fait partie de mon job, ma chérie. Ce n’est rien d’autre que mon sale travail. Honnêtement, je préférerais échanger ma vie contre la tienne. Tu te lèves. Tu bosses. Tu vas chercher le môme chez la nourrice. Tu te couches. Je ne vais pas dire que tu as trouvé la bonne planque parce que, telle que je te connais, tu risques encore de mal le prendre, mais je vais me coucher parce qu’en ce qui me concerne, le cauchemar recommence dès ce soir. »
Si tu rentres à sept heures, je ne peux plus rien pour toi. Même le taxi va te jeter un sale oeil dans son rétro en espérant que tu ne vomisses pas sur sa banquette en skaï. Dans le hall de ton immeuble, ça sent la chicorée chez la concierge, William Leymergie éructe déjà sur France 2 et, en prenant l’ascenseur, tu croises un type de ton âge, l’air heureux et bien reposé. Tu n’as pas le temps d’ouvrir la porte puisque ton gosse s’en charge : « Papa ! » Oui, à présent Hippolyte sait dire « Papa ». Ensuite, il te saute dans les bras et s’agrippe comme si sa vie en dépendait. »

« Trois heures après, un médecin se pointe. Bel homme. La force de l’âge, sportif, cinglant, non-fumeur selon toute probabilité. Il dévore un jambon beurre par la grâce de ses dents américaines et balance sans le vouloir quelques miettes sur mon pauvre lit à couverture orange également. Il débute son speech :
« Après lecture de votre dossier, j’ai deux mauvaises nouvelles. La première, vous ne devez plus jamais boire. Même un peu. Même de temps en temps. Le cerveau est un truc étrange qui se souvient de tout. Si vous rebuvez un seul verre d’un grand cru dans dix ans, vous allez vous retrouver dans cet été en quelques semaines. Vos neuro-transmetteurs exigeront la même quantité d’alcool dans les heures qui suivront. C’est ce qu’on appelle : la première gorgée du premier verre. Le cerveau à la mémoire longue, Monsieur Rey. »

« La projection commence.
Le noir, parfois, est encore capable d’offrir un peu de couleur aux gens. »

« Je suis aussi excessif dans la déconstruction que dans la difficulté. Le truc, c’est de s’amuser de tout. »

« Une vieille dame avec sa petite-fille me précède. Elle n’en finit pas de cocher des numéros, de faire des flashs, de demander une cartouche de Marlboro rouges. À quoi ça sert de vouloir toucher le pactole à soixante-quinze piges vu toute la nicotine que tu t’envoies ? Maintenant, voilà l’ancêtre qui désire un briquet mais hésite sur la couleur, c’est dingue, qu’est-ce qu’ils ont tous à faire une fixette sur la couleur des choses en ce moment ? Elle veut payer en carte bleue et ne la trouve pas alors elle dit : « Ce n’est pas grave, je vais vous faire un chèque. » Mais c’est dramatique, Madame, c’est criminel ce que vous faites. La caissière lui demande une pièce d’identité, la vieille cherche dans son sac et annonce : « Donnez-moi cinq minutes, je suis sûre que j’ai mon permis de conduire quelque part là-dedans. » CINQ MINUTES. La notion du temps de certaines personnes mérite un grand suicide collectif. Et le permis d’étrangler à mains nues, est-ce que je pourrais l’avoir une seule fois dans ma vie ? »

« Je suis une femme parce que je suis courageuse dans les moments difficiles, parce que je savoure des magazines qui m’imposent un job à hurler tout en me filant des conseils pour rester sexy tout en pondant un gosse tout en évitant les vergetures tout en allant faire du step au gymnasium et là, en tant que femme active, je vais voir ma psy et je chiale un bon coup. »

« Personnellement, je trouve le thé inepte mais bon, Audrey adore le thé, donc j’adore le thé et son côté ultra subtil. »

 » – Je n’ai pas faim. Je préfère qu’on aille faire l’amour. J’ai envie de sexe et je ne pratique pas la sodomie. »

« Je suis revenu vers la table. Audrey était debout. Elle avait remis son manteau et son petit bonnet. Nous avons dîné vers quatre heures du matin. À poil dans ma cuisine. Des pâtes au gruyère. »

« Je sais pas comment t’expliquer fiston, Dieu sait qu’elle m’horripile, Dieu sait que je ne suis pas un fan absolu des fruits exotiques mais avec elle, je te bouffe un kiwi les yeux fermés. »

« Audrey, j’aimerais bien partir en vacances dans tes cheveux. »

« Et le coup du « Je pars deux mois à New York pour me ressourcer » s’avère une totale faute de goût. Sans blague, se ressourcer à New York. Autant se reposer en faisant un triathlon. »

 » – La confiance est une fabrication pour les peureux. Il n’y a que deux choses qui existent sur Terre. L’amour et les emmerdements. Le problème est le suivant : je suis tombé amoureux de toi et les emmerdements se multiplient. »

« Je peux même pas vous raconter la journée du lendemain. Pas encore. Si j’étais mon père, je dirais un truc du genre : « Cette journée était une overdose en beaucoup mieux. »

« D’abord, les bisous, ensuite l’amour et après, on est malheureux comme Papa. »

 

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